jeudi 25 septembre 2014

Bat-sonnette et Pasmobile !



         Le Japon est un pays tellement à l'opposé de la France que même les trucs les plus simples sont différents. Alors attention, je vais pas annoncer des trucs dingues du genre "au Japon, on mange avec les pieds", si tu veux du sensationnel va plutôt lire ton Paris Match. Je précise aussi qu'on a pas fait tout les restaurants du Japon, et qu'encore une fois je généralise (c'est un peu le thème de notre blog). Bon, déjà avant de manger, le serveur te donne une petite serviette humide pour te laver les mains. Oui, un peu comme celle que tu utilises pour laver tes lunettes. Après, pendant que tu regardes le menu, on te sert un joli verre d'eau. Bon, si on est vendredi soir, que t'es avec tes collègues japonais et que le thème de la soirée c'est "PICOOOOOLE !", cette étape va peut être sauter. D'ailleurs le verre d'eau, c'est mignon tout plein mais les Japonais aiment bien y mettre trois tonnes de glaçons. Alors oui, ton Mac Do il fait ça aussi mais là c'est plein de petits glaçons dans un petit verre. Donc tes dents meurent à chaque gorgé, et en plus tu finis toujours par en avaler. Pour terminer avec le resto, ce qui est bien ici c'est que tu as une petite sonnette sur la table (comme sur la photo en haut). Alors oui, t'as un peu l'impression de siffler ton chien au début. Mais on s'y fait trèèèèès vite ! Parce que bon, le serveur qui te demande 50 fois si t'as choisi pendant ton intense réflexion, et qui met 3h à te débarrasser, hein, on s'est compris.



        Les transports en communs à Tokyo, c'est un sacré bordel. Le problème, c'est que t'as plusieurs compagnies différentes qui se partagent le truc. Du coup, si tu prends une ligne qui appartient à une autre compagnie, tu dois repayer. Heureusement, les japonais sont malins ! Y'a toujours des machines avant les portes pour payer si t'as oublié, ou pour recharger ta super carte Pasmo ou Suica si jamais t'as plus de sous dessus. D'ailleurs, en parlant de carte, c'est vraiment pratique ici, pas besoin de se prendre la tête avec les compagnies tout ça. Depuis que j'en ai une, je me sens pousser des ailes !



R.

mardi 23 septembre 2014

Lilou au pays de la consommation

 


         Le supermarché japonais, c'est une vrai mine d'or. Mais va pas te faire de fausses idées, je dis pas ça parce qu'on y trouve plein de trucs cools. Je dis ça parce que j'ai un paquet de choses à dire dessus. Déjà, pour bien comprendre, il faut savoir que les Japonais ne font pas trop la cuisine. Alors oui, la bonne vieille maman fait la nourriture le soir pour ses enfants (et optionnellement son mari s'il ne campe pas au boulot ou au bar). Mais la plupart des Japonais actifs ou scolarisés mangent au resto, au konbini ou à la cantine le midi, et il n'est pas rare de voir des Japonais manger seuls le soir. Ça entraine deux choses, la multiplication des konbinis qui vendent un max de bouffe à réchauffer, et le peu de de VRAIS supermarchés. Pourquoi je dis "VRAIS" en majuscule comme si j'étais surexcité ? Parce que des petits supermarchés, tu vas en trouver, mais alors pour en trouver des grands, tu vas devoir marcher garçon.




         Autre problème, les Japonais aiment bien acheter des plats qui ont juste besoin de faire un tour au micro-ondes (et crois moi, ça donne pas des trucs aussi classes que dans Le Cinquième élément). Du coup, tu trouves un max de produits qui périment le lendemain. Mais là où c'est un peu chiant, c'est que même la viande (et peut-être le poisson, étrangement j'ai pas vérifié) a cette sale tendance à ne pas survivre plus de deux jours. Du coup, t'es obligé d'aller faire tes courses tout le temps. Alors je veux bien comprendre que les gentilles mamans japonaises ont besoin d'occupation, mais sérieux y'a quand même mieux que pousser un caddie tous les jours non ?



         Bon parlons des produits qu'on trouve ici. Déjà, le premier truc qui m’embête, c'est que le supermarché au Japon est avant tout un supermarché japonais. Bah oui, être entouré de plein de produits inconnus avec des noms qui ne t'évoquent rien, ça pose problème ! Franchement, imagine-toi dans l'image du dessus, tu prends quoi ? Bon, maintenant parlons des fruits. Ici, ça coûte une belle fortune. Y'a deux, trois trucs qui ne t'obligent pas à vendre ta famille comme les bananes et les pamplemousses, mais alors le reste... d'ailleurs tu le remarque direct qu'il va y avoir un souci, les fruits sont souvent emballés individuellement. S m'a même dit qu'une fois, elle a vu des cerises avec chacune une petite protection en mousse, c'est clair que ça donne envie d'acheter.



      

         Pour terminer, je t'offre le sac isotherme japonais ! Quoi c'est une machine ? Bah oui je sais ! Mais pour bien montrer son avance technologique, le Japon a décidé de ne pas adopter ton vieux sac à la con. Ici, tu prends un petit sachet plastique, et tu t'approches de cette machine. Tu l'ouvres et OUAAAAAAH ! Tu remarques que c'est juste un congélo avec de la glace. Parce que oui, pour garder tes aliments au frais, tu mets un petit sac plein de glace dans ton grand sac. Mais c'est pas fini ! T'as cru que les Japonais étaient des petits joueurs ou quoi ? Si t'es un méga dingue, tu peux aussi mettre de la glace carbonique dans ton petit sac... alors, c'est qui les rois de la technologie ?



R.

mercredi 17 septembre 2014

Mardi, tremblement de terre !


Mardi, tremblement de terre !

Hier, vers midi, la terre a tremblé. Du haut de mon 47ème étage, je ne me suis pas rendu compte tout de suite de ce qui se passait. Et sans à-coup, on a commencé à bouger. Tout en souplesse on s'est balancé de droite à gauche et de haut en bas. Aucun bruit, aucune vibration. Rien n'est tombé et rien n'a tremblé. Autour de moi, aucun japonais n'a eu l'air de s’inquiéter.

Et puis ça s'est tout simplement terminé.
C'était une expérience plutôt surprenante et rigolote.

Voila ce qu'en France on appelle un "violent" tremblement de terre...

S.

Mardi, BRRRRRRRRRRRRRRRRRRR !

Hier, vers midi, la terre a fait BRRRRR. Du haut de mon 5ème étage, je ne me suis pas rendu compte tout de suite de ce qui se passait. Et d'un coup, j'ai réalisé ce qu'il se passait. Tout en souplesse, l'immeuble d'en face s'est balancé de droite à gauche. Un bruit du diable, et cette satanée porte qui ne faisait que claquer... Rien n'est tombé, mais la vaisselle a bien tremblée. A la télé japonaise, personne n'en a parlé.

Heureusement, après une minute, ça s'est terminé.
C'était une expérience plutôt intimidante et angoissante.

Malgré ça, quand je vois qu'en France on appelle ça un "violent" tremblement de terre, ça me fait rire.

R.

dimanche 14 septembre 2014

Journée culturelle !


         Dimanche, on a décidé de quitter la folie de Shibuya pour le calme d'Asakusa. Pour le calme, on repassera... Sur la route on a eu la chance de tomber sur un matsuri (festival de rue japonais). En costume d'apparat, les japonais sortent les divinités des temples et les baladent dans la rue. Le but étant de les secouer le plus fort possible pour les réveiller et s'assurer qu'elles protègent le quartier. Elles sont plutôt bonnes poires leurs divinités. Moi si tu me réveilles aussi brutalement, tu vas effectivement avoir besoin de protection.



         Marcher en plein milieu de l'immense carrefour de Shibuya fermé à la circulation, ça n'a pas de prix ! Et on est pas les seuls à en profiter...



         Apres une petite heure de métro, nous voilà à Asakusa. C'est un quartier de Tokyo très connu pour son immense temple et les nombreux petits autels qui l'entourent. Evidemment, le touriste y est extrêmement nombreux, ainsi que les boutiques à touristes cela va sans dire...




         On a vu pas mal de kimonos dans la journée, surtout portés par des femmes. Petite plongée dans le traditionnel japonais... 



         Et finalement, on a enfin réussi à trouver un peu de calme dans ce monde de fou.





         On a aussi trouvé cette petite maison au détour d'une rue. C'est ça aussi qui est chouette à Tokyo. On se trouve en plein milieu des buildings, du béton partout et pouf...




         Et pour finir en beauté cette belle journée japonaise, nous sommes allés manger dans un resto de ramen. R. avait envie de goûter, et franchement vu sa tête pendant le repas il y retournera pas de si tôt. Cela dit, je suis plutôt d'accord avec lui, le resto n'était pas franchement bon.


S.

samedi 13 septembre 2014

Bon appétit bien sûr !

        L’alimentation en France et l’alimentation au Japon, c’est le jour et le nuit ! Là, en tête, je suis sûr que t’as un joli sushi. Déjà, réduire la nourriture japonaise à ça, c’est comme réduire la gastronomie française aux gambettes de batraciens. Pour te donner l'eau à la bouche, je t'offre un truc qui a l'air délicieux.



        Si on a cette image, c’est qu’en France, 99% des restos qui se disent japonais sont tenus par des chinois ou, dans une moindre mesure, des coréens. Et leur but n’est pas vraiment de te faire découvrir tous les recoins de la cuisine japonaise (ce qui, pour un petit commerçant, n’est pas forcément illogique). Non vraiment tu peux me croire, c’est difficile de connaître vraiment la cuisine japonaise sans avoir mit les pieds ici.  Bon, y’a toujours les 1% qui sont vraiment tenus par des japonais, mais en général c’est pas le même prix.


Un bout du menu de chez Mos Burger



        Bien ! Maintenant que je suis sûr que tu ne vas comparer ce que je dis à ton super trop cool restaurant japonais du coin, on peut approfondir. Ce qui marque vraiment quand t'es ici, c’est les prix. Tu arrives en ville, tu poses tes valises, et là, qu’est-ce que tu fais ? Bon, oui, t’as le droit d’aller pisser, mais j’attendais plus un truc du genre « je vais acheter à grailler t’as cru ou quoi ? ». Et imaginons que tu sois radin (ou fauché, oui c’est vrai), tu vas sûrement avoir le reflex de courir au supermarché pour payer moins cher. Sauf que là, tu vas vite remarquer que c’est pas donné. Je ne vais pas trop m’attarder sur le supermarché, y’a plein de choses à dire, on fera un post dessus plus tard. Maintenant que tu sais qu’au supermarché, ils sont pas là pour casser des omelettes, en bon français tu te dis « Dieu m'tripote ! Si s’alimenter coûte aussi cher, tu m’étonnes qu’ils soient tous minces les japonais ! ». Grave erreur petit gaijin ! La bouffe en magasin coûte cher, c’est vrai, mais l’alimentation rapide l’est beaucoup moins qu’au pays de Nelson Monfort.



        


        La photo que j’ai gracieusement affiché là haut, c’est le plat typique de chez Sukiya. En gros, c'est un peu comme Mac Do en France, y'en a partout. Mais y’a deux différences avec le géant américain : t’as pas mal au ventre comme la nana dans Alien après avoir mangé là bas, et c’est pas un clown pédophile qui a été choisi pour te convaincre de venir (et ça, c’est quand même une très bonne chose). Ce plat gouleyant, c’est de mémoire 230 yens (1,66€) pour un « mini ». Et viens pas râler parce que t’as pas grand-chose à manger, ce serait sous-estimer la puissance bourrative du riz. Pour terminer une petite photo du menu de chez Sukiya (de la moitié du menu pour dire vrai).










R.

jeudi 11 septembre 2014

Mimi Cracra l'eau elle aime ça...




         Bah pas les Japonais. Et nous non plus d’ailleurs. Aujourd’hui on a eu droit à notre premier déluge japonais, et c’est quand même marrant c’est tombé pile le jour où on devait aller changer notre adresse au ward office. Alors je te préviens, je veux plus jamais t’entendre dire qu’il pleut beaucoup en Bretagne, dans le nord, en Normandie ou je ne sais pas où en France. C’est faux ! En France quand il pleut, tu sors ton parapluie et Squalala nous sommes partis. Mais ici, les goutes sont tellement énormes qu’elles profitent du trottoir pour rebondir et mouiller ton pantalon jusqu’à la braguette. C’est juste pas la même pluie qu’en France. Et encore, je me plains mais on est pour le moment qu’au début de l’akisame (秋雨, littéralement pluie d’automne), la « deuxième saison des pluies » (de mi septembre à début octobre). La « vraie » saison des pluies (梅雨, tsuyu, littéralement pluie des pruniers, je te laisse interpréter ça comme tu veux…) qui commence début juin et finit fin juillet est normalement plus intense. Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui c’est un peu Atlantide au Japon. A Tokyo maintenant y’a plus rien, mais y’a eu quand même pas mal de grosses flaques. C’est surtout dans le nord que c’est le bordel.


         Les deux photos ont été prises à Miyagi au dessus de Tokyo, mais visiblement c’est Hokkaido qui a prit le plus cher. On a vu pas mal d’images impressionnantes grâce à la télé de la salle d’attente du ward office. N’empêche qu’elle me fait parler cette pluie. J’avais un article tout chaud, manquait plus que les photos, et finalement je me retrouve à parler météo…


         La météo justement la voilà. Dis bonjour au Sébastien Folin japonais ! La météo japonaise est assez fun. Déjà elle dure trois plombes, mais en plus elle est i-tech ! Tu vois le coton-tige géant que Sébastien brandit vigoureusement ? Bah ça lui permet d’afficher des petits dessins sur la carte (sur la photo en dessous, il met un rond avec écrit « froid »). D’ailleurs tu peux voir une liste d’icônes à sa droite, il choisit et HOP ! Sur la carte le petit dessin. Prodigieux !




            Je sais que j’ai beaucoup parlé aujourd’hui, mais je ne résiste pas à l’envie de te raconter mon périple de la journée. Une fois sorti du ward office, j’ai laissé S et je suis rentré tout seul (tu sens déjà le doux fumé de la loose ?). Y’avait plus ou moins 15min de trajet à pieds, et comme j’avais bien fait attention à l’aller logiquement je ne risquais pas de me perdre. Sauf que mon sens aigüe de l’orientation a décidé qu’une petite balade du côté d’Harajuku me ferait du bien. Quand j’ai vu que j’étais pas très loin du parc de Yoyogi, j’ai fini par me dire que j’avais sacré foiré (c’est complètement à l’opposé de ma destination). Mais heureusement, un sursaut de lucidité me vint à l’esprit. Faire demi-tour ? Que nenni ! J’ai pris mon courage à deux mains et hop, j’ai tourné à gauche. Pourquoi à gauche ? J’en sais rien. Mais sur le coup ça semblait super ! Après quelques mètres, j’ai fini par jeter l’éponge et j’ai demandé mon chemin à un brave gardien de je ne sais pas quoi. Comme je voulais faire mon gentilhomme, je lui ai posé la question en japonais. Grave erreur jeune mortel ! Quand tu parles à un Japonais dans sa langue, il pense directement que tu vas comprendre sa réponse. Sauf que non. Heureusement, le gardien n’est pas du genre à abandonner. Il a sorti une carte dans sa petite hutte le gredin ! Là, normalement, toute personne normale aurait compris où aller. Sauf que je ne suis pas une personne normale. Finalement je suis parti en ayant juste compris qu’il fallait me retourner, partir tout droit et tourner à droite… Et c’est là qu’il est habile le gardien, avec ça j’ai retrouvé mon chemin sans trop trop me paumer. L’image en dessous c’est une reproduction très réaliste de mon trajet. Le pire c'est que je déconne pas, j'ai vérifié sur Google maps j'ai vraiment fait plus ou moins ça...




R.

dimanche 7 septembre 2014

Du PQ, des temples, et en dessert un bon plat de spaghettis




         Aujourd'hui j'ai envie de parler un peu des bonnes choses qu'on peut trouver au Japon (mais pas que, faut pas déconner !). Déjà un truc que je trouve incroyable au Japon, c'est la masse écrasante de Tokyo. Bon vu que je suis là depuis quelques jours, tu vas me dire que je généralise. C'est vrai, mais comme je fais ça depuis le début, on peut pas crier au scandale. Mais je vais quand même préciser que c'est en me baladant à Shibuya que j'ai pu constater la chose. Toi, petit français qui n'a jamais vécu dans une grande ville (non non crois moi, jamais), si tu mets les pieds ici tu risques d'avoir un peu la tête qui tourne. Tu te retrouves entouré d'immeubles, de gens, de rabatteurs qui hurlent "c'est ici que tu trouveras le PQ le moins cher", de pubs parlantes géantes pour je ne sais quelle marque de shampoing... ça parait moyen comme ça mais crois moi, t'as l'impression d'arriver dans une galaxie lointaine, très lointaine. Entre le bruit, le monde, les hauteurs et les couleurs, ton cerveau va prendre un beau petit mawashi geri. Franchement, il faut le vivre



        Ce que je trouve incroyable au Japon, c'est que tu peux toujours tomber sur un truc que tu ne t'attendais pas à voir. Je te donne un exemple : l'autre jour on est allé faire les courses (à 38min de marche, bravo l'organisation). On était le long d'une grande rue avec plein de voitures, l'autoroute aérien, des passants et même des Gilbert. Bref, au mieux tu t'attends à trouver un parking de 15 étages. Bah pas au Japon. Au Japon, entre deux immeubles, t'as un jolie petit escalier qui t'amène directement à un temple qui n'a tellement rien à faire là que même Indiana Jones ne serait pas venu le piller (j'ai mis une partie du temple en illustration au dessus, il était en plusieurs parties). Pour bien que tu te rendes compte, je te mets deux photos : une face à l'entrée du temple, et l'autre dos à l'entrée (la sorte de pont géant au dessus c'est l'autoroute).




        Pour terminer j'ai envie de parler d'un truc typiquement japonais, l'entassement de lignes électriques. En France, on a tendance à enterrer ces horreurs. On en retrouve un peu à la campagne, mais la campagne française n'a rien à voir avec Tokyo (si si, tu peux me croire). A Tokyo y'a juste trop de bâtiments, du coup t'as tellement de câbles que ça fait des nœuds partout. Même quand je fais des spaghettis au sel c'est moins le bordel. Je tiens quand même à pointer du doigt les jolis petits lampions qui mettent directement dans l'ambiance.





        Mais le plus génial, c'est ce moment où tu souffres du décalage horaire, de l'humidité, de la chaleur, de la barrière de la langue, de l'absence de bouffe française, des attaques kamikazes des cyclistes, et que tu te dis : "ce pays est vraiment merveilleux". Parce que oui, quand tu finis par penser que "ces tas de câbles électriques c'est pas si moche, ça a même du charme", tu peux raisonnablement dire que tu aimes le Japon.


R.

samedi 6 septembre 2014

Gilbert au pays du contraste





        S'il y a bien un truc qui me fait peur au Japon, c'est les vélos. Déjà pour bien comprendre, il faut savoir que les Japonais respectent les règles. Par exemple, tu traverses pas quand le bonhomme est rouge. Bon y'a toujours des rebelles, m'enfin ça reste rare. Mais quand le Japonais monte sur un vélo, il devient Gilbert aux rayons d'argent . La discipline laisse alors place à la loi du plus fort. Tu roules à 150 sur les trottoirs, tu grilles les feux... des dingues ! Alors toi petit tatillon tu vas me dire "wesh mon frère en France y'a ça aussi t'as vu !". C'est vrai. Sauf qu'au Japon le phénomène Gilbert aux rayons d'argent touche tout le monde, même les petites vieilles. Et les seuls qui respectent les règles du cyclisme, c'est les étrangers (les ignorants !). Mais le plus dingue dans cette histoire, c'est le duel que se livrent les cyclistes et les passants. Le vélo fait peur, en plus il utilise sa sonnette pour que tu bouges, le chenapan ! Mais non. Le piéton japonais, fier et frétillant, ne bouge pas et oblige l'envahisseur à faire 1 mètre sur le côté. Piéton win ! Fatality !

        Comme tout le monde sait, le pays des Gilbert regroupe un vrai contraste. Et je ne te parle pas du "contraste entre Japon moderne et Japon traditionnel". Parce que bon, comme dirait S, "nous on a des églises à tous les coins de rues et ça choque personne". Très vrai S ! Je vais donc parler du contraste (oui, encore lui) entre le Japon moderne et le Japon louche. Et tu peux me croire, la deuxième catégorie est aussi représentée que la première. Pour bien illustrer l'idée, une première photo qui regroupe les deux choses.


        Sont beaux les immeubles hein ? C'est juste à côté de notre hôtel. On voit pas forcément bien sur la photo mais quand t'es là, ton cerveau est juste perdu. "Ouaaaaah des gros bâtiments ! Ouaaaaaah tout plein de gens ! Ouaaaaaah des pubs parlantes qui te vrillent les oreilles ! Ouaaaaaah des sculptures de bébés tout nus qui.... WHAT ?". Oui voilà tu as compris le problème de cette photo, je crois qu'il n'est pas nécessaire d'enfoncer plus le créateur de cette merveille. Suivant !






        Alors si tu ne me connais pas, il faut que tu saches que j'adore le louche télévisuel. Et au Japon, on peut dire que je suis servi. Tellement que j'en suis réduit à prendre l'écran de télé en photo pour immortaliser le moment.  D'ailleurs, je crois que je vais faire pas mal de post sur la télé japonaise, j'espère que tu aimes ça... Sur la première photo, on peut voir un immonde truc vert qui a l'air de faire la morale à une abominable chaise bleu, le tout devant un gamin qui n'a pas l'air de bien comprendre où il se trouve. Sérieux c'est quoi ce truc horrible ? Y'a tellement de couleurs qu'on en vomirait volontiers. Je ne m'attarde pas plus dessus, j'ai déjà régurgité (tu l'aimes mon champ lexical du vomi ?) un paquet de choses aujourd'hui. Bon sur la deuxième on peut voir une sorte de junky qui tente de jouer de la guitare (c'était pas très réussi). Mais j'ai beaucoup de mal à expliquer les deux personnes horribles en haut et les animaux estropiés en bas. Ces deux merveilles sont bien entendu des émissions pour enfants, et quand je vois ça je relativise un peu sur l'influence qu'ont eu Télétubbies sur la société occidentale.


R.


vendredi 5 septembre 2014

Ragnarök

        C'est hier, jeudi 4 septembre que S et moi sommes arrivés au Japon. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que cette journée ressemblait étrangement à l'Enfer, Ragnarök, voir même à une chanson de Kyo. Aussi je pense qu'on peut nous pardonner ce premier post tardif.


        Tout a commencé avec ce vol Air France de 12h (oui je sais y'a pire, mais on a déjà trop de choses à raconter, pas le temps de penser aux autres), et cette merveilleuse inspiration que j'ai eu la veille du départ. "Si je ne dors pas trop, je vais roupiller comme un loir pendant le vol !". Oui bah non, étant donné que l'avion fait plus de bruit qu'une trompette tu peux oublier. D'ailleurs l'avion nous a offert un beau cadeau, pouvoir manger japonais avant même d'arriver au Japon. Bon par contre faudrait qu'Air France revoit la définition du mot cadeau. "y'a plus que des repas japonais vous en voulez ?" ça sonne quand même un peu troisième Reich. Mais quand on connait mon côté aventurier culinaire, on comprend tout de suite que ça ne m'a pas posé de problème. Pas plus que le dessert qui était pareil pour tous et qui était composé en partie d'un sublime morceau de camembert. Je ne sais pas vous, mais moi le combo plat japonais + camembert + offert par une compagnie aérienne, ça ne me rassure pas trop.

        Une fois l'avion arrivé, il a fallut se balader dans Narita. Ce que j'en retient, c'est ça :

       
        Je ne sais pas trop si c'est nous qui sommes débiles, mais il semble que les Japonais pensent que la charcuterie se classe dans la catégorie "animal vivant". D'ailleurs on cherche toujours un bon vieux saucisson promené en laisse.

        Après une heure à attendre le bus qui a lui même mit 2 heures à nous amener à Tokyo, il nous a fallut une bonne demie heure pour trouver l'hôtel alors qu'il était juste à côté. Et j'en profite pour saluer les capacités d'orientation des Japonais qui arrivent à se retrouver alors qu'il n'existe presque jamais de noms de rues. S'il n'y avait que des gens comme moi ici, je ne suis pas sûr qu'une telle absence ne signe pas la fin du pays. Tout ça pour dire qu'on est arrivé complètement mort, et qu'il fallait encore faire les courses...


R.