jeudi 13 novembre 2014

Une langue de caractère...


         Aujourd'hui, j'ai envie de parler des mots. Après plusieurs années de Japonais, j'ai compris que les français ne comprenaient rien à cette langue, et que l'inverse était encore plus flagrant. Alors je te vois bien venir petit castor, tu vas me dire "non mais tes histoires à la con on s'en fou. Nous, on veut des trucs amusants". Bah justement, pour rendre le tout un peu plus digeste, j'ai mis des images de franponais (ce que les japonais pensent être du français). Comme pour eux le français ça fait "chic", tu retrouves un peu partout ce genre de conneries, d'ailleurs je t'invite à taper "franponais" sur ton moteur de recherche et regarder les images. Crois moi, ça peut être très drôle. Pour commencer, je vais vous parler du système d'écriture japonais, histoire qu'à l'avenir quand on te parle de "kanji", tu saches ce que c'est. Alors oui, ça peut paraître hyper chiant. Mais je fais partie des jeunes cons qui pensent que pour comprendre le cerveau des Japonais, il faut comprendre un minimum la façon dont ils écrivent. Alors éloignez les enfants et pour les plus faibles prévoyez un sac à vomi, c'est parti !


         Le Japonais possède deux syllabaires qu'on appelle les "Kana" (non, je ne veux pas mettre de "s" à ce genre de mots). Les premiers, les katakana, sont principalement utilisés pour les mots d'origine étrangère, les onomatopées et deux trois autres trucs. Les deuxièmes, les "hiragana", sont utilisés pour tout le reste. Si tu sais ça, tu peux en théorie tout écrire. Sauf que c'est là que les kanji entrent en jeu.


         Les kanji, c'est des milliers de caractères qui te permettent de remplacer des kana. Je te donne un exemple : un pont = hashi = はし (en hiragana) = 橋 (en kanji). Et là, comme 99% des gens, ta première réaction est : "mais c'est débile, pourquoi remplacer des hiragana tout simples à tracer par un truc beaucoup plus difficile et long à écrire ?". Pour moi, y'a une explication qui devient vite une évidence quand tu avances dans les études de japonais : parce que cette langue possède trop peu de sons ! Si tu vois à l'écrit はし, tu ne peux être sûr à 100% de ce que ça veut dire que grâce au contexte (on dit souvent que le Japonais est une langue de contexte) ou au kanji. Ainsi, 橋 veut dire pont et 箸 veut dire baguettes. Je m'arrête là, sinon on risque de perdre un paquet de lecteurs. J'approfondirai peut-être un jour si ça vous tente...


         Maintenant, j'aimerai aborder directement quelques mots que nous, français, avons l'habitude de ne pas comprendre ou d'écorcher sévèrement. La petite plante proche de la moutarde que tu retrouves écrasée dans ton resto chino japonais favori, ça s'appelle du wasabi et pas du "wazabi". En Japonais même précédé et suivie d'une voyelle, le "s" se prononce "s". Dans la même veine, la bombe atomique n'est pas tombée à "Nagazaki" mais à Nagasaki, et la deuxième plus grande ville du Japon n'est pas "Ozaka" mais Osaka. Pour terminer, le "e" final de kamikaze se prononce "é". D'ailleurs j'ai une anecdote sympa pour certains, barbantes pour d'autres. Mais dans tous les cas, c'est le genre de trucs que tu pourras potentiellement ressortir au Trivial Pursuit. Kamikaze est composé de deux kanji : kami (神) la divinité, et kaze (風) le vent. On peut traduire ça par "vent divin", et non je ne ferai pas cette blague. L'explication remonte à la deuxième tentative d'invasion du Japon par les mongols. Alors qu'ils étaient plutôt partis pour gagner du terrain sur l'île, un typhon a ravagé leurs navires et mit fin à l’expédition. Les Japonais ont donc appelés ce phénomène "kamikaze". Et je peux te dire que cette histoire te revient en tête quand tu te prends un typhon sur la tronche...




R.

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